Ethersex

“Ethersex”, le miroir d’une époque. (Travaux en binôme basés sur la transfiguration de la réalité plate de tout un chacun en phénomènes sexuels, et inversement). Par auddie et bissecta.

  1. bissecta dit :

    “Ethersex, la masturbation des psychées castratrices et civilisatrices actuelles (Baise binomique balancée sur la giclée des constructions mentales de tous les pseudo egos, et retroussement).

  2. auddie dit :

    Renée vivait sa passion des courses jusqu’à extinction de voix. Rarement gagnante elle persévérait, et faisait figure d’originale au bureau. Une originale peu dangereuse. Ce lundi-là, vers dix heures, elle rencontra Maxime, le technicien informatique de la boîte. Il avait toujours cet air envieux avec elle, élimant ses vieux discours plein d’assurance façon arrière salle des campus. Il la dégoûtait. Mais il était son allié, enfin, un allié aux airs venimeux. Immanquablement, la discussion alla droit au but:
    – Alors, t’as misé sur “Demon” dans la troisième?
    – Ouais, et j’ai perdu. Après j’ai gagné dans la quatrième.
    – T’as vu le DRH aujourd’hui? On dirait qu’il va se transformer en toupie ?
    – Ouais, nan.
    – J’aime bien ton chemisier.
    – Merci. Moi j’aime bien ta coupe hipster.
    – hyp – quoi?
    – Rien Maxime. Passes-moi le cendrier.

  3. bissecta dit :

    Dans sa monomanie projetée sur la cavale des dadas, Renée défonçait le stade oral en beuglant des gargarismes orgasmiques. Looseuse salivante, elle se frottait la génitoire subliminale et souhaitait fouetter les croupes claires rebondissant sur ces pelouses obstinées, espérant engrosser le culte de sa personnalité pas assez léchée à son goût pour être à ses tortures quotidiennes rémunérées prises comme créatrices de quelques flocons de neiges mièvrement merveilleux. Une schizophrénie lancinante signalée ainsi par ses collègues étriqués. Le jour de cette lune là, au milieu du matin nauséeux, elle percuta sciemment ce geek de Maxime. L’Éros de ce dernier laissait gicler une faim de stupre à peine dissimulée par la cravache ré-éducative de forums formatés au savoir du tout contrôle, arrières pensées ricanantes des blagues d’oeudipe avec vos mères. Elle, se liquéfiait de cette obscénité trop intime à ne pas la chavirer comme une chienne qu’elle camouflait sous ses airs de princesse congelée. Cependant, ce maxime était le bon animus à chevaucher, aussi bon qu’une morphine copine à l’obsession tendrement toxique. Et il fallait bien chevaucher ce shoot. L’échange verbal qui s’y éjacula toucha sa cible:
    -Alors tu t’es mise le démon bien profond dans ton troisième trou ?
    -Oh oui! Et je me suis faite éclater au quatrième.
    -Le maître a-t-il exigé ta soumission aujourd’hui ? N’est-il pas la girouette de ses fantasmes à tête chercheuse ?
    -Oui, et non, tu sais que j’aime ça.
    -Moi, ce sont tes seins qui gonflent là sous le tissu que je kiffe.
    -Laisse moi glousser! Quant à moi je suis addict de ta crinière bestiale à mouiller.
    -Crinière bestiale trop mouillée ?
    -Laisse tomber Maxime mais donne moi…

  4. bissecta dit :

    Le scotch sur la bouche, des milliards de cliquetis égrainent la trame distinguée durant la mollesse phallique qui suinte parsec par parsec ces quantités industrielles en chaleur à la joule du Mister freeze vanillé violant vos venturis vaginaux vers la ligne anhédonique vomie au lunaire, plus loin s’y arrache pianissimo certains reflux amygdaliques faisant fi d’attouchements scolaires sûrement calculés au plus profond du placard utérin que fourrage la bave des règles éloquentes.
    Juste une durée caillée, coagulée pour décharger principalement à coté d’une raie domestiquée, mais en laisse épilatoire, la boulimie expiatoire presque purge perpétuelle d’un moratoire impatient et léchant religieusement certains soirs de satellites évanouis au bourrage entre cols consanguins électrifiés de spasmes.
    Voici venu de la vulve collective so 2.0 sweet heart, le grognement des calligraphies aphasiques et hémiplégiques soutenant l’assemblée lascive hors de la boîte à bouler qui collecte les os lissés pendant la partouze amiboïde des facilités élitistes, écarlates et camées, là où il fait loin d’attendre.

  5. auddie dit :

    Alors elle alla se traîner jusqu’à la fenêtre, le cendrier à la main. Dehors le parking du Sofitel la nargait, bien en place depuis le week-end dernier quand elle s’était laissée aller avec Arnaud, le démonstrateur de logiciel. Elle le connaît depuis des années, cela faisait des années qu’elle languissait à ses langueurs, ses gestes de spécialistes semblaient toujours appuyer sur la touche “entrée”. Eh bien, il est entré. Tout à coup elle considéra sa pensée : dégeulasse. Elle se retourna sur Maxime qui regardait ses chaussures, attendant une réponse à sa question, toujours la même question, celle qu’il se posait à lui-même. “Pourquoi je suis comme ça, pourquoi mon image se fane journée après journée”. Elle visait son visage poupon, sa fausse assurance. “Mon bon Maxime, si tu t’acceptais, tu serai tellement plus intéressant. Maxime si tu évitais de prétendre à ces choses que tu ne maîtrises pas, tu serai tellement plus honnète, loyal et droit. Enfin acceptable, et peut-être, plaisant.” Elle lisait dans son silence la torpeur mécanique d’un corps en tristesse et elle n’en voulait plus.
    – à tout à l’heure.
    – Oui …

    Elle fila vers l’open space, grave et sollennelle. Elle venait de comprendre quelque-chose de capital.

  6. auddie dit :

    L’assemblée présente eut tôt fait de se synchroniser. La descente aux enfers veloutée blanche et grise et ton sur ton marron, enfin, tout était tiède, sec, propre, comme un bureau étalon, une aubaine pour les coeurs, on est maintenu à l’éveil… Elle s’assit, conquise, emflammée, mais n’en laissait rien paraître, surveillée du coin de l’oeil par une douzaine de comparses hystériques, tous aussi calmes qu’elle.
    Sur son écran, une photo du capitole en surbrillance, montait transi.
    Elle fit bouger sa souris, rendit compte de son idée en changeant quelques settings sur photoshop, un point douze ou quelque-chose comme ça.
    Avec des nuages en plus et quelques touristes, la bâtisse devint populaire. Elle l’agrémenta de quelque ciel bas qu’un titre jovial allait à tout prendre:
    “Les élections américaines, un document de Marièle Grèle”.
    Satisfaite, elle inscrivit en rouge un rendez vous, se gratta la cuisse, une fois, puis une deuxième fois, puis rajouta du rouge, et ré-effaça.

  7. bissecta dit :

    Grande meute émane de larges omissions laissées liées aux entrailles turlutaines trop trifouillant ta mère l’alpha première machinalement se masse la marque emmasquée par fumets offerts à l’air qu’enfilent enfin les capteurs satyriques attentifs sous lignées sélénites où caguent du trou canin des sans dents postilloneurs peut-être décolore ce chœur obsédant le digestif digital alloué longuement au céladon larvaire. Tu baises et tu butes. La vallée ruche des chiffons sur la gangue aqueuse insoumise à la répartie du photon sentencieux ne s’encule pas assez pour lécher quelques collaborations argileuses d’elle même mène son tour de garde aux gorges profondes durant les manchettes du temple qui fore voici surgir la balance lancinante branlée en vertiges constructifs là où tout s’éjacule anéanti. Tu baises et tu butes. Cette partition est tétée d’une vulve syntonique en gemme témoin rassurant les dissociations des édifices internes stimulés d’une dose loyale mais de laquelle ne se quête pas l’osmose morbide spermée qu’encubent ces fantasmagories éligibles d’une corde théorique tressée au rasoir des pénis déserts si se mugissent des tocs touristiques en cette diarrhée non recyclée et à perdre haleine. Tu baises et tu butes.

  8. auddie dit :

    Un haussement de sourcil, elle sentait le pic de malice féminine et fermée, une féminité ouverte et fermée, comme on en fabrique plus. Ses comptes skype, facebook, restés ouverts, et fermés, eux aussi, clignotaient de toutes part, fenêtres en orange et alertes, petits cadres offensifs dans l’absence d’offense, tout dans son sens. 4 hommes lui parlaient en des termes très vagues, peu exigeants en concentration ils suivaient coquettement la voie de la raison d’une Renée arbitraire et fantasmée, quelques afflictions codées sur un journal partagé, les concernés s’y retrouveront, et la grande chasse commence, dans les rajouts, le soir, oh une bière, ou à la cantine. Quoi qu’il arrive, elle ne signifiait pas d’entorse à son travail, cachée dans un rôle aux formes réelles. Elle ressentait les choses à fond mais avec peu d’imagination. Oh le grand délire, prétendre à la malversation… un peu d’imprevu, de colère, d’ouverture. Il est une heure. Sam doit penser à louer la voiture. Et Annie à prendre la glacière. Et peut-être que Paul mettra ses mocassins, sans chaussettes…

  9. bissecta dit :

    Renée regarde l’heure, toujours en bas à droite sous les clignotements des gens et se décide à bouger. La salle de bain en premier, c’est obligatoire. Le masque est bien réajusté, cette reconnaissance faciale agrémentée d’un sourire lui offrira certainement l’opportunité de circuler en paix au milieu de la foule. Elle ferme sa porte de deux tours de clés en pensant qu’il lui faut prendre les escaliers, l’été n’est pas loin. Vite fait, toujours vite fait, la voilà aux portes du temple de la consommation, expression facile de confiance fraîche. Et il fait froid en effet le long des rayons qui palpitent en pulsions maintes fois rabâchées au foyer télématique. Elle se sent actée par ces vagues de couleurs et de significations puis se dit que le plafond est quand même super haut, que le carrelage n’est pas si luisant que ça, que ces lumières-ci pourraient lui donner un ton blafard, enfin, il faut surtout penser à trouver les bonnes merguez, les bonnes salades instantanées et puis quoi déjà ? C’est un champs de fleurs qui crient: Prenez-moi! Prenez-moi! Prenez-moi! au refuge des symboles de ce qu’elle a cru comprendre de capital. Renée jette brusquement quelque chose dans son caddie.

  10. auddie dit :

    Renée regarde cette coulure du temps comme un truc qui glisse, elle ne sait pas si c’est elle qui se déverse sur le floor, chatte ouverte comme une jauge cosmique qu’on aurait oublié de refermer, tous ces fantasmes en quelques gestes et ça y est, ça glisse, c’est visqueux, c’est chaud, ça sent l’acide, la rouille et le cul de bébé. Elle se mate dans la glace, et ce qu’elle voit c’est comment elle sucera des bites, des bites et des bites, toujours la même probablement, cette bite immense qui la submerge, qui l’affole, qui la fait rire aussi, s’accrocher avec et faire mousser, et faire tourner, et malaxer, et il s’agit bien de ne pas aller plus loin que cette fascination pour cette chose dure et solaire qui la fait trembler comme on accélère à la fin de ce putain de jogging, de cette putain de baise qui n’en finit jamais, jeux décents et habituels, rôle intrinsèque et maintes fois calculé, les corps s’emboîtent, et les psychés. Hommes femmes, hommes hommes, femmes femmes, et quelques espèces de plus.
    Elle ferme ses images dès que le noir s’invite. Elle descend, habituelle, salope, désirable, pute parmis les porcs, pores parmis les buts, ouverts comme autant d’équipes lubriques à faire jouir même la peau, d’une simple carresse elle appuie sur le bouton de la porte qui claque net, s’ouvre, le même bruit que chez ses parents, la même ville, en pulsions télématiques. Dans le supermarkette, ça sent le cul partout, ça se matte, râle, s’aère les gorges aux haleines pleine de foutre et de chatte et combien d’autres mélanges qui laissent sans voix, on a déjà bien crié chéri, tu me passes la lessive? T’es mignon. Salope. Chienasse. Saloperie va. Enfin, il faut surtout penser à trouver les bonnes merguez, les bonnes aubergines, les bons concombres, qu’elle imagine toujours à frémir chapottés de quelques capotes systémiques qui font frotter couler enfoncer jouir, et même au bureau, elle l’a fait. Qui veut de moi, qui veut de moi? Non je ne me vends pas. Je veux jouir, encore, et pardon, si ce n’est pas toi, ce sera un autre, mais je n’ai que la marque de mon impuissance à partager, et aussi, ma gentillesse, mon honnêteté. Je suis une femme. Respecte-moi. Fais moi l’amour, et ne dis pas des choses sensibles, reste gras et gros et maladroit, je t’aime comme ça, avec toute ta beaufitude, tant que tu me baises bien et que t’es gentil et que je peux raconter mes trucs, et toi, tu racontes les tiens. Tiens je vais prendre des fleurs, je préfère les prendre moi-même oui.

    Renée dans sa tête c’est tout ça qu’elle s’imagine; elle rêve tout haut des histoires d’intensités.

  11. bissecta dit :

    - Vous n’avez que ça ? Passez, allez-y, je vous en prie.
    Renée pense tout avoir dans son caddie. Elle ne vérifiera pas car aux caisses vient le temps de la rêverie ou une sorte de veille régénératrice. Défile le tapis noir vers l’enregistreuse flanquée de la file d’attente vers l’hôtesse souriant machinalement, sans apercevoir les produits tapageurs qui paradent vers les sacs recyclables promptement dégainés. Là, comme ça, ses articles à elle sont parfaitement alignés, emboités en gain de place et tiens, des concombres ? Quelle sauce ? C’est bientôt l’été…
    – Bonjour, 45 € 75 s’il-vous-plait!
    Il fait enfin chaud et loin. Renée a fini d’attendre. Elle maîtrise alors la dextre insertion de sa carte bleue sur le terminal. Ses doigts folâtrent cryptogames en requiem sur le clavier. Personne ne l’a vu mais tout le monde le sait. Ah,non, confusion. Maintenant, il faut remettre ses biens dans son caddie et s’organiser afin de les transporter agréablement. Elle gère absolument, le menton en l’air qui semble ordonner l’ouverture des sas, glisse le long des rues au large silence du calcul. Elle est ce petit espace suave au sein de la cité acérée.

  12. bissecta dit :

    - Bonjour, c’est Renée! Ça va ma puce ? Tu peux ramener ta glacière, j’ai fait les courses.
    – Super! Super! Je prends une douche et je suis chez toi. Les mecs arrivent quand ?
    – Oh, ils ne vont pas tarder…
    Elle raccroche, évasive, alors que sonne simple et violente la sonnerie de l’interphone. De son index (holala, faut limer ça!), Renée ouvre le hall d’entrée à ses amis; probablement. Ensuite, elle laisse sa porte entre-baillée puis va finir de disposer les provisions sur la table. Sam arrive en premier parlant au téléphone, Paul le suit veillant à sa démarche, encore sans chaussette ??! Après avoir embrassé ce dernier aussi tôt écarlate, elle se souvient de ce déjeuner sur l’herbe. C’est fou qu’à l’époque elle ait accepté de manger avec un type comme lui. Fou, aussi ce qui s’était passé à même la terre.
    – Bonjour Renée, ça me fait vraiment plaisir de te voir. J’ai garé la voiture dans une rue parallèle à la tienne, tu n’y vois pas d’inconvénient ? Tiens, Annie n’est pas encore là ? Joli, le chemisier que tu portes, tu devrais le prêter à Paul…
    Elle pousse du revers de la main le sachet de concombres, fait pivoter rapidement les chaises et attrape son téléphone portable.
    – Ne vous inquiétez pas les amis, j’ai pris mon GPS: On retrouvera la piste!
    Elle acquiesce automatiquement. Paul doit faire pareil. elle se hâte d’appuyer sur la touche verte.

  13. auddie dit :

    Renée agrémentait chaque sensation de toucher d’une note imaginaire, irrésistiblement attirée par les reliefs des vêtements, pensées éconduites, souvenirs radieux, détails humides et granuleux, et ne se rendait pas compte que sa jupe laissait échapper quelques volutes impériales. De la caisse 4 à la 8, le tic, le tac des phéromones pointèrent les dresseurs, vu-mètres affolés, ces messieurs cherchaient à effeuiller la zone de calme, praticiens en déroute, tous docteurs es-mains et canissas de bois, entre vous toutes et une seule, impardonnée, mystères et confusions des sens, et puis les files prenaient du retard… ; à droite à gauche en haut en bas, elle embrassait la fille des yeux tandis qu’elle vidait un peu son compte paribas, tête haute, eh oui, vilain jeu de mai.

  14. auddie dit :

    C’était une aubaine ce soleil qui l’innondait lorsqu’elle sorti sur le parking. Elle repensa à l’expression de son ami Tim, un australien, qui disait de cet astre brûlant, arme et source de vie en même-temps: “it’s liquid”. Oui, liquide; on dit d’ailleurs bien “innondé de lumière”, ou “l’or coule dans mon sang comme la glace”. Non, cette expression-là ne lui paraissait en revanche pas satisfaisante. Elle fonça vers sa voiture sans regarder les familles, les couples et quelques personnes seules se précipiter dans leur culture, leur loisir, leur temple du souvenir et de la consommation. En-eux, elle le savait, s’orientaient des plaisirs déchus. Elle hésitait. Voulait-elle voir ainsi ces corps entiers tournés vers la simplicité de leur espèce pour qui le nombre, le mainstream, c’est la vérité. Cette joie d’autrefois, elle ne pouvait plus la supporter, d’ailleurs, c’est d’Henri qu’elle tenait ces positions critiques, toujours en train de juger, et n’en voulait plus. Ca, elle l’avait compris. Que ce soit elle qu’elle haïsse par le prisme de son impuissance à vivre en harmonie avec les autres et avec elle-même lui paraissait d’une tristesse infinie. Dans la voiture, elle réprima un soupir, alluma la radio et chassa ces idées contre-productives. Un peu zen, un peu humble elle était Renée. Elle connaissait ses limites, n’avait pas de grands desseins. Henri était pour elle une sorte de maître, mais un maître flippant, plein de bile et de tourbillons dans le ventre. Elle le lui touchait parfois, voulant montrer ce que l’on peut entendre, ce que l’on peut prendre et ce que l’on doit rejetter. Elle ne savait pas le dire, et d’ailleurs, elle ne le voulait pas; elle plissait les yeux et dans son sourire amoureux s’envolaient les abeilles, les mouches noires, et la vanité.

  15. bissecta dit :

    Renée laisse ruisseler ces tacts opaques en jubilé de jointure caramélisée par la déveine avinant ses rêveries vagales ô combien intimes à l’âme mousseuse rehaussant le ressac à ce col qui clignote sur la simplicité des textures émanées quand mirliflores ses pores parlent premièrement d’un retroussement des sens écumés au delà du présentoir glabre puis secondement hérissent l’essence d’un frisson luminescent au dessous de ces élastiques mal ajustés qu’un geste subliminal désaxe relaxant alors l’affut apnéiste d’une foule. Oui, c’est bon! Les lasers lèchent ses postures si simples à l’étirement mutin où fleurissent des tilts aux entrailles, tilts tactiles, ou tilts à la traumatique des trous bien vite suivis d’exercices respiratoires car elle sait qu’il va falloir se dévider au croire photophore d’une plastique aurifère toutefois guillotine épanouissante et sente des combles au geyser cavernicole du mirage signalétique mondial que borde le bout à bout des cieux au bord des armes séminales. Oui, c’est bon! Tim, se souvient-elle, Tim ce boute ciel, Tim loin de sa pensée pyrrhique présente, procédait à la vidange pour ses laves lascives en forgeant par quelques coups de labiales bien imbibées le diadème d’un thème cristallin qui bondait ses désirs synaptiques de sorbets à la fièvre ainsi le bénévolat des soubrettes culturelles se transmutait à l’Éden cendré sous le souffle du grand phénix tentaculaire, celui qui de mille yeux ouvre son bec afin d’engloutir les alluvions oniriques d’un seul et même déluge en partage stupéfiant, si stupide de cette révélation ultime, immédiate, maternelle, qu’est la télépathie sociopathe de l’ADN et on s’en fout encore à fond les flammes de foi du toujours soi tellement que geindre, gémir, jouir, innocemment le jeu similaire du logos gargantuesque, cette chaine d’ambre, électrique claire, trique chère, très chair, métrique à éthique, pythiques mimiques, rites de la clique du maître et de l’esclave en prière à la couche des horizons signés du non retour des cris orgasmiques de quelques goélands épris d’un socle vertigineux trop foutu pour que ce ne soit pas bon. Oui, c’est bon!

  16. auddie dit :

    Elle s’était préparée Renée, préparée comme pour un mariage, ou un enterrement, elle ne savait plus, essayant plusieurs robes. A chacune d’entre elles s’évaluait nombre de suppositions -de la plus classique à la plus torride- sans jamais perdre de vue le seul qui avait de la valeur à ses yeux : « Paul le rudimentaire » comme elle l’appelait pour ses rustres manières. Entier, massif, masculin, de la magie dans la voix et pourtant la bête est taiseuse. Son appui sur le sol à chaque pas et les mêmes tremblements de table lorsqu’il soulève les couverts, ruine la viande en trois bouchées de géant, il s’abroge après un long silence le droit de dire que « cette génisse n’est pas morte pour rien », et, dans le regard admiratif des convives en entendant sa voix de gros chat, sa voix d’ogre, quel organe ! il renchérissait: « une bonne bestiole ! ».

    Alors elle choisit sa robe blanche -elle voulait elle aussi être « une bonne bestiole-, une robe classique années 50 un peu burlesque avec un décolleté et une forme généreuse qui mettait son cul en valeur, son “boule de compet'”. C’était Sam qui parlait comme ça. Maxime quant à lui avait un jour hésité un « tu as fait de la piscine » totalement hors sujet, puis il avait regardé ses chaussures.

    Un peu avant de tourner sur elle-même elle continua à penser à l’argot d’il y a dix ans quand elle sortait encore avec la bande du sept sept… Il y avait le petit Ben, elle l’appelait « Ben bon boule » car il avait des fesses comme deux petites pommes.

    Elle épingla ses cheveux, libéra du parfum, matérialisa sa peau en glissades, contrasta ses yeux, arma ses doigts, incognito dans la chair, dans le sang, insulta son reflet pourtant plein d’affection pour elle et parti en retard. Étudié. Oh, pas loin. Elle recevait chez elle. Et l’on sonnait encore.

  17. auddie dit :

    Dans l’escalier en colimaçon elle descendit avec moins de classe qu’elle ne l’aurait voulu, parce que son égo, son envie de plaire à ce moment-là la submergeait et réduisait l’ampleur de ses gestes, l’entièrement frais. Sa lumière intérieure ne diffusait que des parcelles d’elle-même, ajoutant une mondanité réduite à sa niaise empathie, impression qu’elle contrôla au dernier moment. S’agissant de son image, elle tenait ferme le fil, vaillante et digne. Tous l’observaient, portés par le rythme de ses talons sur les marches, tin nin, tous conscients ou presque de son combat intérieur, arrmé à chaque geste, et c’est peut-être de ça, de cette activité, de cette arrivée, dont les convives, ce soir se souviendraient. On l’applaudit tonique, et tous s’embrassèrent chaleureusement.

  18. bissecta dit :

    A l’office cérémonial des vierges syphilitiques promises aux dentelles qui les absolvent à toutes les soldes qu’elles ont péché pour ces agapes, elle se serait bien sentie souillée par les branches rappeuses des mains de Paul, ce sauvage à chevaucher… Pfffffffff! encore changer le protège slip! Je ne suis qu’une limace en grand écart, une fontaine de cyprine en forme de femme. Mais qu’il brame donc ce Paul, afin que j’accoure mettre ma croupe sur son museau! Sa voix vibrant mes ovaires qui virevoltent sur ses vrilles hormonales, pure vérité entre toutes cuisses. Elle serait alors dans la génisse blanche comme Pasiphae espérant le blanc taureau, son pieux perforant ses fantasmes d’orgies pour l’instant pas suffisamment concrétisées. Son cul tendu, autel des pénétrations, des libations de foutre inondant sa matrice généreuse à tous les va et vient, toutes ses glisses en clapotis lactifères. Alors, mieux que des pommes insérées au vagin, elle s’exécuterait à maintenir une plume de paon afin de satisfaire Paul, lui le mâle, narines hurlantes à perte de vue avec pupilles outrageusement dilatées. Elle n’était plus que la chienne en chaleur gémissant sa meute et le mâle alpha.
    Durant la descente des marches écarlates, son obsession charnelle la fit se déhancher, se tortiller telle une gamine saturée d’hormones qui lui donnèrent cet allure gauche proche du fantasme des salopes à gueules d’anges. Son image était à présent la proie de babines libidineuses, alors elle devait en montrer plus, susciter l’envie intouchable afin de prétendre à la classe de quelques call-girls. Elle s’avança, déjà flaque, sous leurs yeux renifleurs comme une guerrière de vulves brandies que tous briguaient sans le savoir. Aussi se pressèrent-ils vers elle afin de la baiser; heu non l’embrasser.

  19. auddie dit :

    Sa fronde n’avait de sens qu’avec son ami Marcel, qui la vénérait, et ne s’en cachait pas. Elle non plus d’ailleurs, mais ce jeu connu de tous finissait par ne toucher personne tant il était clair qu’il ne se passerait plus rien entre eux. Un jeu de condamnés, un jeu d’insectes, organes sensitifs, alliés du pire, du secondaire, comme deux amis jamais en rixe ils s’appuyaient l’un l’autre et masquaient leur manquement à des choix plus propices: partir, ou se taire. Ainsi, tous les deux, ils restaient, et parlaient. Marcel n’était pas gay, Renée n’était pas fleuve, mais sur le même canoé, ils luisaient la surface et c’était là leur arme douce, sociale ambivalence, ennui et mouroir, en vie et pouvoir, potentiellement rattachés au passé. Ils avaient décidé de rester ensemble, de jouer à la ronde, au pluvieux temps serré, et à cette table ils ne dérogeaient pas à la règle. Seul Paul, ce soir-là, semblait retenir ses voeux, et, pour le moins excédé, mais totalement inerte tant la rage lui montait aux tempes, il contenait sa frustration en regardant ailleurs. Il ne connaissait pas Marcel, et renée dû lui expliquer lors d’une virée à la cuisine. Après une entrée, quelques silences, des vins, un plat de viande et des aubergines succulentes, l’atmosphère se décoda. Marcel s’effaça, et Paul, pourtant rassuré, prit son mal en patience. Renée, au fond, avait dû mal à se concentrer sur quelqu’un en particulier. On pouvait lui repprocher ce manque de politesse. Mais elle était comme ça, Renée, papillon, peut-être issu du scorpion.

  20. bissecta dit :

    Ahurissante salle d’attente !
    L’autre, c’est toujours une salle d’attente de toute façon, leçon de la laisse sociale en dose létale au scalpel de la raie en parsecs giclant le nectar des cimetières carrossés que crament des désirs aussi publicitaires que nos amis imaginaires. Des manettes en goguette pour la mignonnette Renée prête à s’attacher l’espace d’un soupir d’ennui au plus profond d’une salle sanitaire carrelée d’ivoire luisant de synovie, la chaine soudée à sa langue, les oreilles inondées de spermes et de cyprines, un morceau de jambe déjà amputée. Renée est patiente. Quelqu’un reviendra. La souffrance dans les assiettes impulse des veines insoupçonnées pour l’assemblée des bas ventres pensant, puis parlant une over parole, une crypte sonore à dentition utérine ou testiculaire. Et Renée patiente. Voilà rodant des ténèbres, le garrot. Elle va perdre un nouveau morceau. Ils ont faim.

  21. bissecta dit :

    Paul savoure son soulagement sur le sourire effacé de Marcel. Il y voit quelque chose de presque féminin, peut-être une invitation… Cette façon de tenir le verre, avec, le petit doigt qui frôle le pied… L’accueil de l’hésitation. Prendre une tranche de pain tout en regardant la vulve sur pattes vomir son hystéro-cirque.
    – Tu veux du pain, Marcel ?
    Paul au sourcil arc-en-ciel cisèle la dernière syllabe. Le baratin environnant devient un coussin moelleux, ouate la tension, magma polaire, au sein de Marcel qui d’une œillade checke les acrobaties pseudo mondaines de la femme-papillon en plein amarsissage.
    – Je veux bien, merci !
    Le repas est fini, mais rien ne parait anormal dans cette proposition. Tous savaient que Renée tiendrait sa messe sensuelle avant que d’un bond, elle projette Paul sur la carpette accommodant la bienveillance maniaque de son camarade journalier, Marcel. Dans sa bouche, le pain est total. Il avale, sans un coup de dent, la mie.

  22. auddie dit :

    Paul bave de rage et traverse, poing sanglant, la tête de Marcel, juste pour lui faire renifler ce qu’il a sorti de son cul à cette vieille pute tellement il l’aime. Il y voit quelque-chose de presque rance, acide, peut-être un truc avec des dates, des jours, des moues vaporeuses l’empêchent vraiment de se faire à sa voix tiraillée de cris, de soupirs gras et sportifs et vraiment, oui quel pied, cette façon de briser sa hanche, de la prendre à gauche puis à droite, et non je te remets en place ça y est, de toute façon c’est comme ça qu’on s’est rencontré, oui comme ça, bêtement, il y a une heure, et je savais que je te cognerai bien la tête dans le mur espèce de poulet cru, déjà cuit, fragile des os et des articulations. Ta cage thoracique se brise et tu libères un râle défait presque ethéré tu jouis en accompagnant ce bruit d’osselet craquelant et mat à la fois. J’ai tout de suite vu que tu ne détesterai pas que je te fracasse la gueule sur le bord de la table, laisse ma bite, c’est bien mon poing dans ton cerveau.
    Tu veux du pain Marcel?
    Du pain…
    Paul pense des secondes et des minutes et ça glisse. Il sent les strilles d’une peau intérieure révéler l’hystérie maudite d’un trop-d’étable, attendant toujours les sautes d’humeur pâmées de la folle de service à qui on a répondu présent parce qu’elle ne dédaigne pas se montrer au bouge-quelques-uns pour éjaculer féminin, seule, liquide, sur le sofa.
    Je veux rien, merci.
    Le repas est fini. Fanée la crème, déjà coulante puis sèche. Rien n’est anormal dans cette position. Son ventre soubressaute encore quelque-fois et son rire griffe les peaux moites, riff d’air testicule, électricité bouclée, époumonne les ondes, façade en sanitaire, ongles remplis de couenne. Paul résorbe sa queue il a envie de tuer. Marcel est toujours les quatre fers en l’air, il ne veut plus bouger… il en veut encore. Paul estime une nouveauté, pour ne pas mordre et gifler et soumettre. Pour ne pas mordre et gifler et soumettre il se bourre de vis, de clous, de limaille de fer et se déchire la langue en lêchant les cailloux sur le parvis de la dame.

    Dans son ventre, soudain, il y a tout.

  23. bissecta dit :

    L’usage abolissant quelques éventuelles surprises, Renée s’est promptement déshabillée, la soirée continue et l’homme sous l’étau de ses cuisses ouvre sa braguette. Les chairs sont exquises à pousser sans préambule mais pas assez serrées à son goût. Elle couine déjà, rengaine horripilante, alors qu’il n’en est qu’au troisième coup. Sa chevelure empoignée, il positionne sa poupée les genoux et les mains sur le tapis puis percute à plein régime : tant qu’à faire, la chanson est populaire. D’ailleurs, il s’en fout si des envies se magnétisent sur ce qu’il est en train de lui faire. Son pouce s’enfonce évidemment, le reste des doigts malaxent irrémédiablement la viande hurlante à présent. Renée n’est plus là on dirait. En d’ultimes spasmes métalliques, Paul se finit là où c’est encore assez étroit. Elle s’affale le corps en tempête, lui, en un éclair rezippe son pantalon.
    – Sympa la soirée, mais je dois bouger les amis !
    Une dernière gorgée de vin, un large sourire à Marcel, Paul capture sa veste, s’ajuste face au miroir de l’entrée, passe la porte et salue de la main en un clin d’œil final.

  24. bissecta dit :

    L’orange est synchrone sur son blues, lorsqu’il passe sous les lampadaires. La masse obscure des nuages le rassure. Paul à tête chercheuse marche au pas terminateur vers sa cible. Tout lui appartient. Un signal viscéral et électrique vient de déclencher son alarme rouge : Les lumières s’éteignent une à une sur son passage. Il est 1h33. Paul coupera par l’avenue, il veut se frotter aux badauds. Il sait les ruelles cependant. Et les voilà ! Elles sont là, détonantes et vulgaires à chérir, les douces heures publiques toujours dispo. Celle-là en retrait fera l’affaire.
    – Auriez vous l’extrême amabilité de partager un modeste repas avec moi, gente dame ?
    Elle a sûrement répondu, cependant, il la dirige sous le couvert d’explications méritatoires vers le restaurant maintes fois qualifié de luxe.
    – Sonia, c’est bien Sonia, c’est ça ? Vous pouvez commander tout ce qui vous siera !
    Elle s’est exécutée durant son affût incessant. Paul joue de ses fourchettes et couteaux sur une rythmique enthousiaste. La fille s’interrompt un instant, stupeur en cervelle.
    – Tu veux que je te fasse quoi après ?
    – Rien ma mie. Je vous en prie : sustentez vous, sustentez vous.
    Il a dû répéter de nombreuses fois cette injonction devant le désir grandissant de Sonia, puis Paul a sorti sa carte de crédit, soulagé de pouvoir désormais rentrer tranquillement chez lui .

  25. auddie dit :

    En faut-il d’avantage pour équarrir le ganglion cérébral après stellarité explosive déglinguant les stries vaginales en strass stressées tout juste impulsées par cette bite phénoménale, hache des consciences étriquées bonnes cependant à lécher de leurs iris sirupeux le taffage annal ainsi commis en souvenance enfantine pour pine sensible dont la rétro-pénétration est l’ultime flash homéostatique outre l’électrocution des foutaises bien carrées aux culs flasques subtilement bottés durant ce hachis journalier engrossant quelques prétentions à la facilité vitale, culte d’une grande boucherie amoureuse des orgasmes médiatiques ? C’est si bon d’avoir le rectum et la chatte génocidés à même le sol en une constellation extatique de transpiration, de cyprine, de sperme, et de merde, se murmure alors, comateuse, la Renée.

  26. auddie dit :

    Dans la cour, Paul soupire et dégaze à tout va ses rancoeurs abdominales et ses pleurs sechés. Il ne pleure plus Paul. Non. Depuis longtemps, il ne pleure plus, il est un grand garçon, mais… parfois il a une sensation poudreuse de sel et peut-être, d’un peu de nacre sur la fine peau de ses paupières. Il suffirait qu’il y mette un peu d’eau et de vraies larmes pourraient couler tout le long de ses joues et marrauder un peu plus bas, quittant la froide excellence de son esprit de dogue adroit et auto-programmé. Bon, alors il passe un doigt sur son oeil et chasse le sel et un peu de nacre… Il a bien fait de partir, même s’il regrette déjà le corps de Renée qu’il n’aura pas ce soir mais il n’est pas ce genre d’homme à se laisser mener en bateau, patient comme un chien devant son os, un peu trop haut sur le frigo, tu sais qu’il faut que tu restes assis, tu sais qu’il faut attendre, tu sais que ce monde est une somme d’attente et de calculs bilieux; du calcaire sur un peu de sel sur un peu de nacre. Les pierres de l’humanité.

    Dans la rue il hurle un “espèce de sale pute!” qui le libère. Un vague coup d’oeil sur ses contacts proches et il visualise immédiatement quelques amis laissés en plan lors d’une virée automnale. Tiens, il serait sûrement plus judicieux d’aller s’encanailler avec les potos et de bien laisser couler sa bile, ses calculs, son sel et sa nacre dans la parole solide d’une soirée entre mecs où tout propos est une somme d’anti peur, un rayonnement 3 D, un amour infini, une responsabilité douteuse, un océan de douceur et de persuasion.

    Jamais une seule fois nous ne les envisageons autrement que comme un mystère cosmique, spatial et cérébral, ce “de là où nous venons”, et ce vers quoi nous allons: les femmes.

  27. bissecta dit :

    Dans la cour au microscope et l’oeil au telescope et tous les scopes de la planete sur un écrin géant Paul retire son gode mental des chairs actrices et puériles d’une poupée à vraie peau humaine. Il ramasse les liquides, il essuie les gouttes epaisses, solides, il chasse l’eau, plus légère que l’eau, cet éclat, une eau plus fluide que l’eau, l’eau de renée, il lappe un sein échappé de la meute, un sein volant encore en demande de viande en fusion, de muqueuses sphinctales et bulbeuses en auras trinitaires. C’est si bon de mordre et de laisser une trace là où ça fait mal, et surtout, là où ça se verra pendant deux semaines, deux semaines de constellations extatiques et de transpirations, de douleur dû au manque que les réseaux sociaux et les boîtes mails orgasmiques recrachent d’habitude dans le sang et la fièvre. Tout sera vide de sexe, vide de passion, vide de folie et vide de sens. Elle n’aura rien, rien. Rien ! Et le mot désir se perdra dans mille mots hyper techniques qui cachent et détruisent le légo bleu et jaune d’un enfant ni fille ni garçon.

  28. bissecta dit :

    - Tu devrais aller dans ton lit…
    Marcel enlève sa main lorsque les paupières cessent de tilter. Dire qu’il a longuement contemplé son corps allongé, entendre qu’il a harmonisé sa respiration avec la sienne; prendre ses gestes à la lettre serait croire en la volonté propre de Marcel, or, passif est le caractère de son masque : derrière il n’y a rien, seule compte la main.
    – J’ai frrrroiiiiddddd !!!! Réchauffe-moi !
    – Tu seras au chaud sous la couette.
    Il se sent pousser des seins lorsqu’il soulève Renée, la soutient, la dirige vers sa chambre, tire la couette, dispose les coussins puis l’installe à la tétine du rituel social entre eux deux.
    – Paul est parti ?
    – Oui, ça fait un moment…
    – Apporte-moi mon portable s’il-te-plait.
    Elle reste accrochée à son genou, aussi dégage-t-il le temps avant l’espace qu’il lui faut prendre afin de s’exécuter, et c’est comme une caresse lorsqu’il se retire. L’ordinateur est encore branché, il est 1h33. Marcel fini un verre. Renée embrasse sa machine offerte délicatement par un Marcel des plus lunaires. En une multiple connexion, elle surfe déjà entre ses propres émissions et celle de la toile. Son ami est assis non loin.

  29. auddie dit :

    Où le détour ? Elle pète et dégage promptement quelques spasmes utérins et quelques sourires carnassiers. Elle ne sourit plus la galerie. Non. La décapitation du gland est trop récente, elle n’éjacule plus, elle est flaque de barbaque cependant… Souvent elle vibre sous l’harmonie des phéromones et vraisemblablement sous le tintement de la cyprine cristallisée sur les cuisses. Elle devrait tendre d’avantage sa croupe aqueuse, calcul des quinconces, pour que les clochettes givrées claquent en rythme obsédant juste au dessus de son trou noir, vortex extatique en métrique de laisse boomerang enchaînée, argentée au filet de la bite bavante, coucou ! Elle est cachée… Ah non elle est là ! Adhérant au protocole d’une gaudriole totale enfoncée par culte moisi à chaque mois que son ventre de vache-meule dès le passage d’un quelconque mâle. Bien, aussi elle rentre sa main entière dans sa chatte et capture le flux séminal et un peu de cristal… Elle a a bien fait de se toucher, y compris si elle dévore en rêve encore le corps de Paul qu’elle n’aura pas ce soir mais elle n’est pas ce genre de chienne à ne pas se finir au tsunami orgasmique tout terrain, fébrile comme une pute devant un litre de champagne et 100 euros derrière le rideau rouge. Elle ne sait plus où se tâter, où se liquéfier, marée humaine que piétine, défonce, lacère le principe même d’humanitude truffe philosophale au carré V.I.P qui se branle sur la chanson de l’île aux enfants, sur le comme c’était bon avant, comme dans le cul de maman. Sans détour, Renée vocifère sa jouissance aux vautours des fenêtres. Mais, ce qu’elle aimerait le plus, ce serait de sodomiser Marcel, à mort.

  30. auddie dit :

    Elle le regarde en faisant glisser son doigt sur son pad de droite gauche, toucher un peu sensuel sur la surface composite, car elle a senti monter en Marcel la gêne infantile qu’elle a déjà vu mille fois et elle continue son manège dévergondé au milieu de son diadème drap étouffés, turgescences blanches et roses affamées de rien, drapés peu orthodoxes et ce petit geste, tête penchée…

    – T’es gnan gnan Marcel, qu’elle lui dit.
    – Ch’us pas gnan gnan je me sens seul. Et j’ai l’audace d’être timide.
    – Tu te sens seul…
    – Ouais, et tu as toute la couette
    – Ah ! Mais comme tu as tout moi, tu as aussi toute la couette..

    Marcel se tourne vers Renée avec ce qu’il a. Mais qu’est-ce qu’il a ? La certitude d’avoir sa confiance ? La certitude d’être son ami. Il se repasse le film de ses bonheurs avec elle, de ses discussions sur skype, de ses longues soirées sans fiel où le miel coulait, mêlées d’alcool, ils jouissaient comme des enfants, la teneur de leurs propos galopants, grésillants dans le grand nord, oui surtout une soirée d’hiver en allant fumer sur le trottoir, ce petit restaurant près du canal les faisaient se tordre de plaisir, et leurs rires grossiers décomptaient chaque ennuyeux qui autour faisaient face à cette joie subite, ils étaient les tonitruants du parcours, les vaudous du décor, et en se retournant, ils alignaient les perles faites des têtes de ceux qu’ils affligeaient. Ainsi, tel un chapelet de souvenirs -alors comme ça je suis gnan gnan- il sourit à Renée et s’approcha d’elle. Ça avait comme un petit air de vengeance. Elle allait pas s’en sortir comme ça.

  31. auddie dit :

    Il se met à genoux, il lui arrache l’ordi des mains et le pose au bas du lit en lui faisant de gros yeux essentiels, ceux qu’il dévoile rarement, même dans les moments les plus organiques, en fusion mysanthrope inversée. Elle se rétracte comme une petite fille prête à se faire dévorer par un ogre en peluche, baudruche de sentiments et de gaze collantes -tous ces alcools- mains recroquevillées devant la bouche; c’est qu’il écarte les bras! puis, décapsulant un rire de joie nerveux et décristallisé prolongé d’une sorte de cri guttural précis un tantinet exagéré mais c’est un quart de seconde -c’est tous ces souvenirs qui le démontent!- il lui saute littéralement dessus et la plaque en l’immobilisant, mains en croix. Elle se débat un peu, allonge les jambes qu’il cale avec ses pieds comme dans certaines positions qui resserrent les vis entre deux corps quand on a plus trop d’idée mais qu’on en veut encore plus et plus près, tout en faisant une pause, faisant alors le contraire du dégagement, du débattement. Elle se livre à lui, soulignant par la présente les règles du jeu imparti.

  32. bissecta dit :

    Elle le dissèque de ses serres toxiques, ripant sur les os de la cage thoracique, puis d’un de ses tentacules externes promptement éjecté, écarte le bord des lèvres en spasmes juteux afin de répandre cette sève rubescente par pointillés sur l’écran car le bipède voué à l’Agon tente encore de téter l’une de ses entrailles qui pourtant s’évade au sein du linceul solaire mais vespéral si automatique sans rien d’autre à étrangler que les ténèbres d’un désir auto-réferentiel subitement alité avec ce geste exterminateur.
    Les gargouillis font échos aux grognements, les gémissements aux soubresauts d’un pseudo rire, exhalaison à la gargantuesque gueule cherchant la chair, fusion d’éther, miction éternelle au delà des crocs spatiaux repartis en quête toute implosée tandis que l’absence verglacée savoure son sabre insinué à la certitude carcérale.
    Bouillonnent ainsi quelques organes, abstractions extensives, aux tréfonds de sa gorge néanmoins énamourée provisoire à la digestion combinatoire d’un réseau de communications corpusculaires, phare du croire, qu’aucun contenu-contenant clair ne s’avisera de vouloir défaire.

  33. auddie dit :

    Et puis ils s’endorment, comme deux enfants, comme deux adultes un peu las, comme deux insectes aux croisillons fatigués, aux armures intactes, aux tapis rouges tachetés de vin puis rayés au diamant des villes, serre-tête et talons aiguilles, trousseaux d’épées et de gourdins, de lances et des hachoirs, cling, et cling, la pesanteur des corps les fait se lover l’un contre l’autre dans une nuit qu’il faut faire passer à l’ivresse, à la coke et au tremblement, à la France et aux amicales de la déroute, spectre large invivable et familier façon gaudriole fraternelle, façon gouaille des bas quartiers, faubourgs ensevelis, princes idiots, pages enroulés dans la corde à singe, de vivacités en surmenages, il fallait répondre d’une pique par une pique, d’une sauvagerie par une autre, d’une force par une autre, d’un mot l’autre, violentes sagacités, dîner en ville, pare-choc à crevards, folies sans tabous, animaux dressés, clashs à distance, tortures coutumières, vannes ouvertes en grand, toute l’eau d’aisance se pilote à vue, un peu à droite, un peu à gauche, alternance d’envies moqueuses, auto-parodies des intrigués, mais suis-je dominant, ou dominé, ou pétulant, ou pétulé, ou blotti contre les plis de la rancœur que je déploie quand le ciel se pare de couleurs trop belles et trop neuves, je ne les souffre pas. Renée et Marcel dormaient et repassaient les plis du temps comme ces ombres qui laissent la rosée réduire les crevasses d’une terre chauve, d’une clairière ouverte par les voix criardes et quelques thèmes misanthropes, les fusions incandescentes, mémoires écarlates et joies fugaces, clairière ouverte par les chants, clairière ouverte de vide et de froid comme le parking de la boîte, clairière entre deux néons, entre deux leçons. Je ne sais pas si tout est doux, ou seulement solitaire, ça, c’est le rêve de renée. Je ne sais pas si tout est pouvoir et recul et incompréhension, ça, c’est le rêve de Marcel. Et ils gigotent, ronflent, se débattent dans les draps rose de chair, et blanc de sentiment. Tout en devenir s’est arrêté quand il s’est mis sur le côté. Ensuite, ils ont parlé des personnes présentes, déplaçant alors leurs propres obsessions là où on prêche ou bien là où on donne la messe, bagages prêts à être chargés dans le grand véhicule, dans le taxi du jour d’après, en partance automatique pour les autoroutes de l’oubli, plein de minutes, d’heures, de glace, de sang, plein d’une habituelle résistance, le coeur un peu lourd, les yeux un peu ronds, des êtres en grande migration.