“L’homme qui voulait tout perdre”

“L’homme qui voulait tout perdre” . de Brieuc Le Meur (auddie) Recueil de 22 nouvelles, 220 pages. 15 euros. Résumé et interview.

  1. L'homme qui voulait tout perdre dit :

    Octobre 2015, dans toutes les librairies. Disponible à la commande ici. Sans frais de port. Livraison en 3 jours.  ACHETER ICI 

    Entre deux volets de son triptyque littéraire Paris – Tokyo – Berlin *, (et son premier roman “Deux Mondes”) Brieuc Le Meur livre une nouvelle facette de son travail littéraire.

    Ces textes prennent leur source aux antipodes l’un de l’autre. Ils perpétuent les thèmes chers à l’auteur: L’opposition entre la nature et la civilisation, entre histoire -et parfois même préhistoire- et la modernité, avec des personnages ou des groupes d’amis propulsés dans des situations insolites.

    De formes classique, ces minis polars ou contes urbains sont parfois conçus comme de véritables petits romans (+ de 30 pages),tandis que d’autres, beaucoup plus courts, choisissent la littérature contemporaine. Les formes alors, sont souriantes, désabusées.

     

    * * * * * * * * * * * * * * * * * * INTERVIEW EXPRESS * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

    -Expliquez-nous ce qui a motivé la rédaction d’un recueil de nouvelles ?

    L’écriture de « Deux mondes » a été longue et difficile. Entre temps, je prenais de la distance avec ce roman très proche de moi, de ma vie. J’ai pu entamer d’autres chantiers littéraires, sonores, et des travaux sur l’image, avec beaucoup plus de distance. Je tenais à sortir ce recueil très vite, dans la foulée presque, pour présenter d’autres aspects de mon travail, et non pas uniquement un témoignage sur ma scène musicale, qui est une étape nécessaire, mais loin d’être toute mon activité – ou sensibilité. Pour moi la nouvelle n’est pas un genre mineur, bien au contraire. Ça permet d’explorer des domaines littéraires qu’on n’aurait pas eu le temps d’aborder autrement, et de présenter des condensés de mondes avec des styles à part, en allant droit au but. Nous avons pris le temps de réfléchir au déclin de la lecture également, et à la perte d’intérêt des gens pour ce médium (malgré que le texte digital soit partout). Le monde de la presse et de l’édition mène un combat inégal et perdu d’avance contre les smartphones et les réseaux sociaux. Ces derniers prennent beaucoup de temps aux gens, sans leur rendre ! La vie s’y insère, mais elle n’en ressort pas. C’est aliénant. On devient laid à donner son avis sur tout, à espérer de l’attention, à scroller sans fin en allant nulle part. Il faut y réfléchir. Est-ce que ça va être la norme pour les trente ans à venir ? Peut-être. Est-ce que le papier peut revenir? Est-ce que l’écran change l’homme? à méditer… Certains sont minimalistes, restent dans la vie, d’autres se perdent dans l’écran, dans leur passions pas très nettes. Je veux dire, c’est du vécu. Je suis un utilisateur du net depuis la première heure, à la fois génération X et génération Y. Ce qui est sûr, c’est que la lecture recentre, ouvre le champ de la conscience. Ça renforce quelqu’un. Mais est-ce suffisant? Est-ce vrai, toutes ces théories sur l’art, sur la culture ? Quoi qu’il en soit, il ne faut pas pleurnicher contre l’évolution. C’est plus à la littérature de s’adapter à eux que le contraire, car le contraire n’arrivera plus.

    – Comment sont construites ces histoires ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ?

    Je voulais proposer quelque-chose de vraiment coloré, un univers jouissif, mais aussi, tenter des formes abstraites, décomplexées. On nous jure à l’envi aujourd’hui qu’il est impossible de refaire du Kafka, de l’Edgar Poe, ou d’être un Tarkovski. Et pourquoi pas ? Faire le contraire de ces diktats d’opinion, de marché, m’intéresse. Pour ça, il fallait aller chercher des thèmes variés : le conte, le voyage, la ville, la psychologie, l’histoire, la préhistoire même, l’anticipation, des trucs en ville, des trucs à la campagne, du polar. Il n’y a que la nouvelle qui permette ça, un tel patchwork, avec des rythmes renouvelés. En ce moment, je suis fasciné par la nature, et j’ai besoin de tropiques, d’épaisseur, de personnages anciens avec lesquels s’identifier.

    On vit dans un univers qui alterne les sources, les genres, en une journée. Je crois que c’est le rôle d’un auteur aujourd’hui de ne pas avoir peur de ça, et même, d’accompagner l’explosion des supports, pour démêler ce qui, après les gesticulations, restera. Il faut proposer une vision sereine du monde. Ne pas avoir peur.

    Entretien réalisé à Berlin – Par Lucie Weigert – mai 2015 – Pour la Humbolt Universität. Section Litteratur, Berlin, Politik, und Sozialwissenschaften.

     

    Biographie de l’auteur.

    Brieuc Le Meur est un poète et écrivain français de 41 ans, qui a d’abord évolué en tant qu’artiste dans la scène techno européenne, jouant de 96 à 2006 des lives furieux dans la scène rave sauvage. Etudiant en philosophie, puis alternant les métiers, l’organisation de concerts en collectif, scénariste à ses heures, attaché à l’image, photographe et vidéaste, militant et négociateur contre les lois anti-rave, dandy à l’aise dans toutes les milieux, il se fait un regard, un avis sur nos sociétés.

    Dans le texte, ça se traduit d’abord par une liberté radicale qu’il faut apprendre à juguler : la poésie ; et bientôt, par l’essai, gonflé à bloc, à rebrousse-poil des formes universitaires. Très vite, il revoit ses acquis, n’ayant pas peur de remettre en question des lubies d’artistes, pour être le plus clairvoyant possible, ou le plus radical. Méfiant à l’égard du monde de l’art contemporain et de ses sacrifices inutiles, de ses impostures parfois, déçu de la mort du marché de la musique, il choisit la voie de l’exil, d’abord pour le Japon, un an à Tokyo en 2007 (ville libératrice où il écrit un roman psychologique « néons et petites culottes »), puis à Berlin en 2008, où il commence l’écriture de « Deux Mondes », après avoir achevé le tome sur Paris. Ce dernier traite des origines musicales de sa scène, cristallisant une génération, en utilisant la fiction toujours, inspiré de sa vie

    (La trilogie remonte dans le temps). Une page se tourne, celle de la musique électronique et de la rébellion rentrée, cédant la place aux premières amours : la littérature et la photographie, car les conteurs, revenus du pire, ont toujours quelque-chose à montrer ou à raconter.

  2. Anonyme dit :

    ” Les mots n’ont de pas que les pas d’une vie, ces pas que l’on fait ces mots que l’on dit, ce papier où l’on pose des sens de poésie… Raison du temps, sens des messages, le papier est libre, et pose les mots des maux où l’on veut, il respire, il inspire, il pense, et il danse, comme les images, les photos parlent aux sens. Les mots ont toujours le temps de vivre et d’être, je rêve d’un monde où le paraître n’ est plus qu’un souvenir, et où l’ apparence se font en évidence, voir même devient une chance. Je crois aux mots, je bénis le papier… Je tolère l’humain, par son…. Humanité. L’oxygène, c’est comme de l’encre, cela coule dans nos veines, et ne s’ efface jamais, tout comme la raison et les sens qui doivent être et exister, réveiller les consciences, pour donner le meilleur d’ un monde à aimer. Tout est en nous, bon ou mauvais. A nous de nous prouver qu’être c’est tout donner.”

    Encore Merci pour l’expo sur Berlin de Nuit, ça m’a transporté…. et fait voyager…. dans mes Hasards…. (l’éveil de la conscience, c’est un passage du Destin…)

    Bugg au niveau de notre “labeur commun”, en correction, je dois encore faire preuve de patience, si éventuellement tu connais des infos au niveau des lignes éditoriales, toujours bon à savoir…; On y arrivera. Merci…

    Lise, la plume.

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